Québec, le 18 septembre 2007 - Le ministre de la Santé
et des Services sociaux, monsieur Philippe Couillard, et la ministre des
Finances et présidente du Conseil du Trésor, madame Monique
Jérôme-Forget, ont rendu publiques aujourd’hui les modalités de
l’entente conclue avec la Fédération des médecins spécialistes du
Québec, au terme d’une période de médiation de huit mois convenue par
les deux parties en décembre dernier. Les ministres étaient pour
l’occasion accompagnés du Dr Gaétan Barrette, président de la FMSQ.
Les ministres ont expliqué que l’entente a le double avantage de rendre
la rémunération des médecins spécialistes plus compétitive et de
financer des mesures qui amélioreront l’accès aux services médicaux pour
la population. Ainsi, l’entente prévoit un redressement total de la
rémunération des médecins spécialistes du Québec de 25,3 % et présente
un plan d’amélioration de l’accessibilité, des conditions de pratique et
de l’organisation des soins d’une valeur de 240 millions de dollars.
Le ministre Couillard a indiqué d’entrée de jeu que cette entente marque
une nouvelle ère de collaboration entre le gouvernement et les médecins
spécialistes et que ce partenariat bénéficiera aux patients. « Les
Québécois sortent grands gagnants des négociations qui se terminent,
alors que les discussions, en plus de porter sur le redressement de la
rémunération des quelque 8 000 médecins spécialistes, se concluent sur
une note extrêmement positive en ce qui a trait à la prestation de
services au sein de notre réseau de santé et de services sociaux. Nous
nous sommes entendus pour revoir l’organisation du travail et favoriser
ainsi une meilleure accessibilité à divers services » a-t-il noté.
Redressement de la rémunération
L’entente prévoit un redressement tarifaire total de 25,3 %, étalé de
2008-2009 à 2015-2016. Ce dernier inclut le redressement de 15,9 % déjà
accordé en décembre 2006 et représente un montant additionnel de 245,5
millions de dollars réparti sur une période de six ans. Il est également
prévu que les deux parties procéderont en 2010 au renouvellement de
l’entente cadre touchant l’indexation de la masse de rémunération et
l’évolution de pratique.
Rappelant que cette entente de principe respecte la capacité de payer
des Québécois, madame Jérôme-Forget a mentionné que de multiples
facteurs techniques, économiques et sociaux ont été pris en
considération lors des discussions. C’est entre autres le cas du statut
de la fonction des médecins spécialistes, de la productivité de ces
derniers, de la situation de leur rémunération dans les autres
provinces, de la richesse collective des Québécois et de la politique de
rémunération dans les secteurs public et parapublic. « Nous avions en
début de processus réitéré l’engagement du gouvernement à corriger les
écarts de rémunération des médecins spécialistes et ainsi s’assurer de
maintenir un niveau de rémunération concurrentiel permettant la
rétention et le recrutement des médecins nécessaires au bon
fonctionnement de notre système de santé. Dans le contexte du
vieillissement de la population, nous souhaitons que cette entente
contribue à réduire les pressions qui s’exercent sur le système de santé
et de services sociaux québécois », a-t-elle expliqué.
Plan d’amélioration de l’accessibilité, des conditions de pratique et
de l’organisation des services
L’entente conclue entre le gouvernement et les médecins spécialistes
prévoit aussi qu’une somme de 240 millions de dollars est accordée afin
de financer des mesures concrètes d’amélioration de l’accessibilité, des
conditions de pratique et de l’organisation des soins. Ce montant
s’ajoute à l’enveloppe de 144,5 millions de dollars visant l’ajout de
services déjà convenue entre les parties en décembre dernier.
Vingt-quatre mesures visent donc à améliorer l’accessibilité aux
services médicaux spécialisés, réduire le temps d’attente, appuyer les
services de première ligne, assurer une couverture rehaussée des
services, notamment dans les régions, permettre une plus grande
concertation des différents intervenants dans l’organisation des soins
et améliorer l’environnement de la pratique médicale.
Le ministre Couillard a précisé que les modalités d’application de ces
mesures seront établies conjointement par les parties d’ici décembre
2007 et que certaines d’entre elles pourront être mises en place dès
2008. « Nous avions tous une occasion à saisir dans le cadre de cette
médiation. Le moment était tout indiqué afin de bâtir une nouvelle
relation entre l’État et les médecins spécialistes. Les résultats de ce
dialogue fructueux seront mesurables et auront des effets positifs
indéniables. Il s’agit d’un point tournant qui modifie la relation
d’affaires qui nous liait encore tout récemment aux médecins
spécialistes. Cela consolidera de façon importante les initiatives déjà
amorcées par notre gouvernement afin d’améliorer la situation de notre
réseau de santé et de services sociaux », s’est-il réjoui.
Valorisation de la recherche médicale au Québec
En dernier lieu, l’entente prévoit également que la rémunération des
médecins chercheurs boursiers oeuvrant dans des organismes reconnus sera
augmentée au cours des prochaines années afin de reconnaître
l’importance de la recherche médicale au Québec. Le gouvernement
souhaite ainsi attirer et retenir les chercheurs en territoire
québécois.
Un effort budgétaire considérable
La ministre des Finances et présidente du Conseil du trésor a rappelé
que par la signature de cette entente, le gouvernement consent à un
effort budgétaire sans précédent afin d’améliorer la rémunération des
médecins spécialistes. Ainsi, leur enveloppe de rémunération passera de
2,07 milliards de dollars en 2006-2007 à 3,36 milliards de dollars en
2015-2016, si l’on considère tous les éléments compris dans l’entente. «
Nous avons jeté les bases d’un nouveau partenariat. L'entente entre le
gouvernement et la Fédération des médecins spécialistes du Québec
prévoit le respect du cadre financier proposé aux employés de l’État
jusqu’en 2010. De plus, cette entente prévoit une modification profonde
des façons de faire et des mesures incitatives afin de bonifier l’offre
de service. Nous investissons afin de donner un environnement de travail
stimulant aux médecins spécialistes mais aussi afin d’améliorer notre
réseau de santé », a conclu madame Jérôme-Forget.