Montréal, le 18 septembre 2007
- Suite à l’entente intervenue entre le gouvernement et les médecins
spécialistes, les pharmaciens des établissements de santé du Québec
veulent eux aussi négocier une entente particulière, afin de résoudre le
plus rapidement possible l’écart de rémunération de 25 à 40 pour cent
qui sépare toujours les pharmaciens d’hôpitaux des pharmaciens salariés
oeuvrant dans le secteur privé au Québec.
Cet écart est en grande partie
responsable des difficultés de recrutement et de rétention des
pharmaciens dans les hôpitaux. La pénurie de pharmaciens actuellement
évaluée à 17 pour cent dans les établissements de santé est l’une des
pires, sinon la pire, que connaît le réseau. Aujourd’hui, l’Association
des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.)
redemande au gouvernement du Québec de faire preuve de la même ouverture
envers les pharmaciens qu’envers les médecins spécialistes.
La profession de pharmaciens
d’hôpitaux est la seule profession du réseau de la santé à subir une
concurrence aussi directe et importante du secteur privé pour ses
effectifs. L’A.P.E.S. rappelle que pour un pharmacien qui travaille en
milieu hospitalier, trois pharmaciens oeuvrent en pharmacie privée. « Il
est impératif de rétablir un équilibre entre les secteurs public et
privé afin de soutenir les établissements de santé dans leurs efforts de
recrutement. Un rattrapage salarial comme celui offert aux médecins
spécialistes est nécessaire et justifié », a déclaré la présidente de
l’A.P.E.S., Mme Francine Lussier-Labelle.
Un pharmacien qui débute sa
carrière en établissement de santé reçoit un salaire d’environ 32 $
l’heure comparativement à 40 $ l’heure en moyenne pour un pharmacien qui
commence dans le secteur privé. Qui plus est, cette rémunération ne
reconnaît pas l’expertise particulière des pharmaciens d’établissements
de santé. Rappelons que les étudiants en pharmacie doivent compléter une
maîtrise pour oeuvrer en milieu hospitalier, alors que seul un
baccalauréat est requis pour travailler en pharmacie privée.
Les pharmaciens
d’établissements de santé sont aussi confrontés à une pratique de plus
en plus complexe en raison de l’émergence de thérapies médicamenteuses
sophistiquées et du vieillissement de la population. Ils travaillent
auprès des patients au sein d’unités de soins spécialisés : oncologie,
soins intensifs, soins palliatifs, urgence, etc. Comme membres de
l’équipe médicale, ils évaluent les traitements médicamenteux en cours,
élaborent des plans de soins, suivent leurs effets. En vertu
d’ordonnances collectives et des protocoles en vigueur, ils initient,
ajustent et cessent des traitements médicamenteux pour des patients
hospitalisés ou vus en cliniques ambulatoires. De plus, bon nombre de
pharmaciens d’établissements sont responsables de l’encadrement des
stagiaires au baccalauréat en pharmacie et à la maîtrise. Ils prennent
également part à la recherche clinique en qualité de chercheurs ou de
professionnels de soutien à la recherche.
L’A.P.E.S. est un syndicat professionnel incorporé en vertu de la Loi
sur les syndicats professionnels (L.R.Q., chapitre S-40). Elle
représente environ 1250 pharmaciens oeuvrant dans quelque 125
établissements publics de santé du Québec, principalement des centres de
santé et de services sociaux – CSSS (qui regroupent différents centres,
tels que centres hospitaliers de soins généraux, de soins aigus, de
soins de longue durée,